Du codesign au cosearch, une école de doctorants innovante !

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Cet article présente un champ d’application original pour les méthodes d’animation en codesign, celui d’un projet pédagogique et de recherche construit au service de la formation humaine et managériale de jeunes docteurs et doctorants.

Ce projet qui démarré en septembre 2012 à l’Université Catholique de Lille est celui de la création d’une « Ecole de Doctorants » (ED2) dont l’originalité est de privilégier la réflexion transdisciplinaire à la recherche pluridisciplinaire, d’où la nécessité d’imaginer de nouvelles méthodes de travail. Celles-ci doivent favoriser le dialogue et les interactions entre chercheurs de domaines différents, dès les premières étapes d’un projet de recherche, de répondre à des questions sociétales en sollicitant des équipes de recherche non habituées à travailler ensemble, d’accompagner les doctorants dès le début de leur travail de thèse afin qu’ils développent leurs compétences hors-recherche, de favoriser la création d’entreprises innovantes et de créer de nouveaux objets, matériels ou immatériels, dans le champ de la recherche et de l’innovation.  Le codesign est l’une des approches (démarches) qui seront utilisées dans la construction, puis dans l’animation de l’école. Alors, pourquoi ne pas en profiter pour valider son utilisation in situ en publiant les résultats obtenus et en les présentant dans des manifestations académiques s’intéressant notamment au management de l’innovation ?

Du codesign au cosearch, il n’y a qu’un pas !

Une école différente et innovante pour les doctorants

Les enjeux de la recherche sont vitaux pour l’université car il s’agit de garantir le niveau de ses formations pour les apprenants et de son expertise pour la société. L’Université Catholique de Lille, dont l’un des atouts est sa nature pluridisciplinaire, accueille aujourd’hui près de 150 doctorants en lettres et sciences humaines, en sciences et technologies, en recherche médicale, en droit, en économie et en gestion, en éthique et en théologie,… Ces champs d’études sont particulièrement variés, mais souvent sans véritable dialogue interdisciplinaire. Faut-il s’en contenter ou au contraire se demander comment passer maintenant de la pluridisciplinarité à la transdisciplinarité ?

Une des premières pistes est sans doute de former différemment les doctorants et pour cela, de mettre à leur disposition une structure qui leur permette de s’ouvrir en dehors de la thèse et de communiquer entre eux et avec les autres. De là est née l’idée de construire cette « Ecole de Doctorants », une école différente mais complémentaire des écoles doctorales au sens académique. En d’autres termes, une école innovante qui privilégie une approche transdisciplinaire intégrée.

La transdisciplinarité en lieu et place de la pluridisciplinarité !

Une autre originalité de l’ED2 est qu’elle se construit avec les doctorants eux-mêmes, en co-élaboration. Quinze d’entre eux, engagés dans une thèse de biologie, de mathématiques, d’électronique, de droit, d’économie, de lettres et sciences humaines, de psychologie sociale, de sciences de l’éducation ou de théologie,  accompagnent le directeur du projet et son comité de pilotage dans la réflexion sur l’identité de l’école et dans la construction de ses programmes. Ils prennent part à l’expérience en testant au fur et à mesure chacune de leurs nouvelles idées, construites pour l’occasion en « protocept » (état hybride entre prototype et concept), contribuant ainsi à ce que l’école se co-construise en avançant.

Un des objectifs de l’ED2 est de professionnaliser le parcours des doctorants en étoffant leur personnalité. Il s’agit de les aider à développer leurs compétences hors-recherche, celles qui les conduiront à devenir de jeunes chercheurs, managers et citoyens responsables. On imagine par exemple un accompagnement individuel en fonction de leurs attentes personnelles. Chaque doctorant pourra se faire accompagner tout au long de sa thèse par un parrain qui l’aidera à se constituer un réseau professionnel. Ce coach, d’un genre nouveau, sera choisi en fonction de son expérience de terrain : recherche et développement, innovation, création d’entreprise, développement durable, social et sociétal, international et interculturel,… il sera formé par l’école selon un profil aujourd’hui encore en cours de construction, puis évalué lorsque son impétrant sera devenu docteur. Ce travail qui consiste à définir le profil du tuteur, à imaginer sa formation puis son mode d’évaluation, a été entamé par l’école en collaboration avec le Laboratoire d’Innovation Pédagogique  (LIP).

L’accompagnement individuel du doctorant sera lié à un programme qui comprendra des modules de perfectionnement, des journées d’échange sur le terrain tel un « Vis-ma-vie » avec un chef d’entreprise ou un « Vis-ma-thèse » avec un autre doctorant, des événementiels comme une « Journée-des-Doctorants », ou des ateliers qui permettront d’aborder les thèmes suivants : communication sur le sujet de thèse, utilisation d’outils numériques en recherche, constitution de réseaux sociaux, recherche de financements et réponses à des appels à projets, protection des données et propriété intellectuelle, communication interculturelle et sensibilisation à l’international,…

L’ED2 proposera à ses doctorants de participer à des projets transdisciplinaires. Il s’agira par exemple de projets lancés dans le cadre des Ateliers de l’Innovation et du Codesign (ADICODE). Les doctorants pourront ainsi travailler avec des élèves ingénieurs de l’Institut Polytechnicum de Lille (HEI-ISA-ISEN, ICAM et FLST) sur des projets commandités et financés par des entreprises. Ils pourront vivre des expériences de terrain comme celle du Living Lab Humanicité (sur le site de Lomme Capinghem), ce qui leur permettra d’intégrer dans leurs réflexions les besoins des usagers. L’évaluation de leur investissement dans ces projets se fera après la soutenance de thèse sous la forme d’une défense de portefeuille de compétences, en conditions d’entretien d’embauche, devant un jury qui ressemblera davantage à une direction de ressources humaines qu’à un collège de pairs. Le jeune docteur pourra alors présenter les compétences qu’il a développées en marge de son travail de recherche et les projets auxquels il a participé pendant sa thèse. La réussite à cette évaluation lui permettra d’obtenir un supplément au diplôme du doctorat, voire une valorisation dans le cadre du nouveau chapitre de la thèse.

Vis-ma-vie et Vis-ma-thèse

L’immersion dans un monde différent est une condition sine qua none pour être en mesure de comprendre l’importance de la communication interculturelle. De nombreuses expériences en la matière ont déjà été testées au sein de l’Université Catholique de Lille. C’est le cas de l’événement « Vis-ma-vie » qui avait été organisé en son temps par l’Institut de l’Entrepreneuriat (IES). Celui-ci avait permis à des enseignants-chercheurs de découvrir le temps d’une journée le quotidien d’un chef d’entreprise en l’accompagnant et de l’inviter en retour à l’université pour la même expérience d’observation. Le retour avait consisté en une journée de synthèse réunissant l’ensemble des binômes avec présentation de certains échanges.

Dans le même esprit, l’ED2 a commencé à organiser pour ses doctorants des « Vis-ma-vie » avec des chefs d’entreprise ou d’autres cadres, mais aussi des « Vis-ma-thèse » entre doctorants de domaines différents. Il s’agit dans un premier temps de créer des rencontres entre profils différents pour sus citer le dialogue. Chacun de ces échanges donne lieu à la rédaction d’un rapport d’étonnement. L’ensemble des témoignages obtenus alimentera une manifestation avec échanges et présentations en fin de semestre. Une suite sera imaginée dans un deuxième temps avec les binômes ayant l’envie d’approfondir les échanges. Sous la forme d’ateliers animés en mode codesign, les doctorants et les cadres d’entreprise ayant participé aux « Vis-ma-vie » pourront travailler ensemble à la conception d’objets de recherche à intérêt commun.

Les ateliers de l’école

L’ED2 vient de lancer des ateliers de réflexion et de mise en situation sur des thématiques choisies par les doctorants eux-mêmes : communication et vulgarisation du sujet de thèse, utilisation des outils numériques en recherche, constitution d’un réseau professionnel au cours de la thèse, recherche de financement et réponse aux appels à projets, international et interculturel,…

Chaque atelier est construit de manière différente pour donner un  prototype qui est testé par l’ensemble des doctorants et ceci pour chaque domaine de recherche. Les méthodes d’animation en codesign sont adaptées, pour tout ou partie, de manière à favoriser les échanges et à stimuler la productivité des participants. Ces derniers sont des doctorants, des docteurs, des directeurs de recherche, mais aussi des acteurs de l’université et de la société qui ne pratiquent aucune activité de recherche. Les méthodes d’animation en codesign sont privilégiées.

Au cours de leur parcours de thèse et jusqu’à leur entretien d’embauche, les doctorants sont fréquemment amenés à parler de leur sujet de recherche et de leur expérience professionnelle. Afin que leur discours soit écouté et compris, il est important que le vocabulaire utilisé puisse être accessible et que l’angle de présentation invite à la curiosité. Dans l’atelier « communication », chaque doctorant présente son sujet de thèse devant un parterre de personnes complètement étrangères à son domaine de recherche. Il a quinze minutes pour expliquer le contexte et les objectifs de sa recherche, mais aussi comment il travaille au quotidien. Il est accompagné dans cet exercice par son directeur de recherche ou par un autre chercheur (sénior) de son domaine qui a le même temps de présentation pour expliquer, quant à lui, la nature des activités de recherche de son équipe, leurs préoccupations et comment le projet du doctorant s’y inscrit. L’objectif de ce premier temps de l’atelier est simplement de faire comprendre à l’auditoire sur quelle thématique et par quelles méthodes travaille le doctorant en équipe. Dans un deuxième temps, il s’agit d’engager un dialogue contradictoire qui est initié par les interrogations de chacun des participants avec l’angle de vue de sa spécialité ou de son domaine de prédilection. L’atelier peut continuer avec des exercices de réflexion ou de créativité permettant d’aborder une question particulière ou de construire un objet par l’angle du domaine de recherche du doctorant.

Dans les autres ateliers, les objectifs et méthodologies seront très différents. Pour celui consacré à l’utilisation des outils numériques, les doctorants arriveront chacun avec une idée d’application particulière, voire d’un projet précis. Il pourra s’agir de besoins allant de la réalisation d’une étude scientifique jusqu’à sa communication et sa mise en valeur. L’atelier leur permettra de choisir l’outil le plus approprié en le testant avec d’autres sous la forme d’exercices. Les méthodes d’animation en codesign présentent l’avantage de permettre la réalisation ces expérimentations en groupes pluridisciplinaires, ce qui donnera au doctorant un angle de vue plus large que si la méthode était testée uniquement dans le cadre de l’équipe de recherche. Par exemple, le choix d’un outil par un doctorant, telle une plateforme de travail collaboratif ou le développement d’un réseau social 2.0, pourra être travaillé en multidisciplinaire sous forme d’exercices par des doctorants d’autres domaines mais pour la même utilisation que celle du jeune chercheur à l’origine du besoin. Cette pratique permet d’une part d’avoir l’expertise d’un outil avec divers angles de vue provenant de doctorants l’ayant expérimenté. Elle permet d’autre part à chaque doctorant de s’imaginer le temps d’une expérimentation à la place d’un de collègues travaillant dans un domaine scientifique très différent.

Un autre exemple d’atelier, en cours d’élaboration, est celui de la recherche de financements. Il permettra notamment de travailler sur la réponse aux appels à projets (AAP), réalisée de manière transdisciplinaire. Chaque équipe de recherche est habituée à répondre à une certaine catégorie d’AAP, le plus souvent dans la discipline qui est la sienne. L’idée de cet atelier est double : i) répondre à un AAP dans une thématique donnée, mais en ouvrant le projet à différents champs disciplinaires ; ii) écrire l’ensemble du projet directement dans un champ multidisciplinaire. Dans ce deuxième cas, la recherche des AAP pouvant faire l’objet d’une telle réponse devra être menée par des entités ou services qui ne sont pas forcément des équipes de recherche. Pour travailler sur le montage de ces projets pluridisciplinaires, des protocoles spécifiques d’animation en codesign seront élaborés.

Ce travail en atelier permet aux doctorants de prendre un certain recul par rapport à leurs activités de recherche quotidiennes. Il les aide à valoriser leur rôle et leurs responsabilités dans les projets de recherche qu’ils mènent jusque dans l’interprétation de leurs résultats. Les méthodologies d’animation appliquées dans ces ateliers doivent aider les doctorants à identifier et valoriser les compétences acquises au cours de la thèse et pas uniquement au niveau de la recherche.

Les rencontres improbables

L’école a le projet d’organiser des rencontres qualifiées d’improbables entre des équipes de recherche qui ne se côtoient pas habituellement, pour ne pas dire jamais. L’idée est de créer un espace dans lequel ces chercheurs de mondes différents passeraient une demi-journée à une journée complète à faire connaissance, dans un premier temps, puis à travailler ensemble sur la création d’objets réels ou virtuels, le tout en animation codesign. L’objectif de ces rencontres n’est pas tant l’invention d’objets ou même de projets interdisciplinaires, mais plutôt d’apprendre aux chercheurs qui les vivraient à découvrir le territoire intellectuel et la culture de leurs homologues, si proches par l’activité scientifique mais différents par le domaine de recherche.

Afin de favoriser les échanges et de donner du grain à moudre aux participants, il est envisagé de travailler en utilisant des exercices de créativité. Une illustration peut être donnée avec l’exemple suivant. Des chercheurs qui se sont présentés les uns aux autres en début de séance sont mélangés en trois à quatre groupes, indépendamment de leur origine ou de leur spécialité. On demande à chaque groupe de se concerter et de réfléchir pendant cinq minutes à une question précise pour laquelle on attend une réponse la plus claire possible. Par exemple : « Qu’est-ce qu’une table ? ». Une fois écoulé le temps imparti à la réflexion, chaque groupe énonce sa définition de la « table ». On écrit ensuite sur un tableau les deux ou trois mots-clés que l’on retrouve dans toutes les définitions (et qui font consensus entre les groupes). Par exemple : « surface plane – horizontal – pied(s) ». Pour la deuxième partie de l’exercice, on accorde un temps de travail plus long (vingt minutes, par exemple) et on demande à chaque groupe de proposer, en le dessinant sur une feuille, un modèle de « table » qui ne comporterait aucun des critères écrit sur le tableau. Cet exercice de créativité forcera les chercheurs à sortir de leur cadre de pensée et à se rendre compte qu’ils sont capables de créer un objet dans les conditions les plus difficiles possibles, puisque irrationnelles. Une fois cette prise de conscience obtenue, on réitère l’exercice mais sur un sujet pouvant avoir un intérêt en recherche. Il s’agira par exemple, de la définition d’un projet de recherche entre leurs différentes disciplines qui puisse répondre à une question sociétale.

Dans le cadre de ces rencontres qui n’existent dans pratiquement aucune université, on imagine des théologiens travaillant avec des économistes, des géologues avec des philosophes, ou des biologistes avec des littéraires essayant de proposer une réponse par la recherche interdisciplinaire à des citoyens faisant face à un problème d’usage. Les exercices pourraient être fictifs dans un premier temps, puis réels par la suite. Ils évolueront en fonction du temps que mettront les animateurs de ces séances à construire, puis peaufiner le protocole d’animation, c’est-à-dire au fur et à mesure des séances.

Le conseil créatif  en innovation et recherche

L’école va lancer dès le printemps 2013 un nouveau concept de conseil à destination des entreprises. Il s’agira d’un conseil créatif en « innovation recherche » qui s’adressera en priorité à des entreprises, institutions et associations de petites et moyennes tailles n’ayant aucune activité de recherche, que ce soit par manque de temps, d’argent, d’envie ou de compétences en la matière.

Le principe de ce nouveau concept sera d’inviter les dirigeants et cadres de l’entreprise à échanger avec un panel de doctorants et de jeunes docteurs qui sera préparé en conséquence, puis à travailler avec eux le temps d’une journée en mode d’animation codesign. L’équipe des doctorants sera composée de manière à associer tous les domaines de recherche de l’université. Au moins six à sept jeunes chercheurs de champs différents y seront représentés pour un groupe au maximum de dix personnes. Des animateurs se chargeront de monter le protocole de la séance et de l’animer le jour J. Le but de la séance sera d’imaginer un secteur de recherche dans lequel l’entreprise pourrait s’engager concrètement. La recherche en question pourra concerner le produit lui-même, fabriqué par l’entreprise, ou alors un nouveau produit,… mais aussi tous les domaines d’amélioration ou d’innovation possibles que ce soit dans la commercialisation, le marketing, la gestion des ressources humaines, le droit, le développement durable, la responsabilité sociale et sociétale ou l’éthique.

L’idée est d’aborder ces nouveaux développements par l’angle de la recherche appliquée et en transdisciplinarité. Puisque les entreprises ciblées ne créeront pas d’équipes de recherche en interne, il faudra imaginer pouvoir les accompagner par la suite sur un axe de développement (sciences et technologies, par exemple) mais en lien avec d’autres disciplines (droit, économie et management ou sciences humaines et sociales, par exemple). C’est là que les ADICODE pourront prendre le relai.

L’ingénierie de projets innovants

L’ED2 vient d’ouvrir un master en « Ingénierie de Projets Innovants » (IPI) pour l’année universitaire 2013-2014. Cette formation s’adresse aux titulaires d’un doctorat quelle que soit la discipline, ou à ceux d’un diplôme d’ingénieur à condition qu’ils aient exercé des activités de recherche et développement (R&D). L’objectif de ce master est de doter ces jeunes chercheurs des compétences managériales et des aptitudes qui sont requises dans les domaines de l’entreprise, des marchés et de la gestion de projet. Le cursus propose de construire, à partir des compétences développées pendant la thèse, une nouvelle double compétence orientée marchés et innovation. En partenariat avec des entreprises, des associations ou des institutions, une approche nouvelle de l’innovation, voire du transfert technologique, est proposée en partant du marché vers la faisabilité. L’objectif est donc de faciliter ce transfert entre l’entreprise et le monde de l’innovation et de la recherche. Historiquement, ce master IPI a été développé à l’origine par la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FSEG) de l’Université de Strasbourg avec le soutien de la Région Alsace, de l’EM Strasbourg, de l’INSA Strasbourg et d’autres partenaires nationaux et internationaux comme HEC Montréal.

Clairement, l’ambition est de créer un lien nouveau entre le monde de la recherche et celui des entreprises. Pour l’entreprise, il s’agira d’identifier des innovations et leurs marchés, de planifier et gérer le transfert technologique, d’assurer la transformation de l’innovation en une application réalisable. Pour les chercheurs, il s’agira d’identifier les entreprises concernées par les domaines d’innovation proposés, et d’assurer le transfert de l’innovation vers elles. Les compétences développées au long de cette formation sont nécessaires dans des fonctions liées à la R&D, à l’innovation, au développement produit, au marketing, et au management de projets. Elles sont tout aussi indispensables pour les contacts clients ou dans le conseil.

Le cursus proposé consiste à former des « traducteurs » entre le monde de la recherche et celui de l’entreprise. Ces cadres à double compétences auront notamment vocation à devenir des chefs de projets en innovation. Il s’agit de fonctions stratégiques car ces projets sont essentiels pour le développement et la pérennité d’une entreprise. Cette activité exige des compétences techniques tout autant qu’une compréhension pertinente du monde de l’entreprise, du marché et de la nature spécifique des projets innovants. Les objectifs de la formation sont multiples : approfondir sa connaissance de l’entreprise – assimiler un esprit et construire un profil « entrepreneur » – appréhender la globalité du processus d’innovation par le transfert – renforcer la multi-compétence – augmenter la capacité d’initiative, de proposition et de négociation – maîtriser les conséquences stratégiques, organisationnelles, managériales et environnementales – maîtriser les compétences entrepreneuriales – s’ouvrir à des problématiques sociales et sociétales.

Une pédagogie singulière et en trois dimensions a été imaginée. Destinée à des docteurs d’université, quelle que soit leur spécialisation, ou à des ingénieurs en R&D, elle repose sur le principe d’une alternance entre formation et expérience en entreprise au profit de la conduite d’un projet innovant. Les méthodes pédagogiques sont variées et principalement interactives : séminaires, conférences suivies de discussions, exposés, études de cas, projets en équipe, groupes de travail, groupes de d’échanges de bonnes pratiques et de réflexions (IES Club), utilisation d’outils multimédia, ateliers de codesign, une semaine de management de la créativité à Strasbourg, des journées d’immersions en entreprise (Vis-ma-Vie ),… L’objectif est d’assimiler et de maîtriser les modes de travail de l’entreprise. Un conseil de perfectionnement assure le lien entre la formation, les compétences attendues par les employeurs et les partenaires de l’innovation. Le cursus comprend quatre mois d’intervention en groupe et un stage de six mois en binôme, en entreprise ou à l’institut de l’entrepreneuriat pour les étudiants souhaitant créer leur propre entreprise.

Les apports du codesign à l’école des doctorants

Le codesign apporte à l’école différents protocoles d’animation avec leurs outils spécifiques. Ceux-ci sont utilisés en fonction des objectifs visés, pour chaque séance ou atelier. Le fil rouge consiste à mettre en confiance les participants dans un premier temps, puis à susciter leur curiosité et à les entrainer dans un parcours créatif. Il s’agit de leur faire produire des idées en rupture par rapport à leur mode de pensée habituel. Pour cela, on procède par étapes successives de divergences et de convergences. Après qu’ils se soient imprégnés du sujet de la séance et qu’ils en aient compris le fond, il faut les en éloigner par certaines étapes puis faire en sorte que leurs productions se croisent… tout ceci plusieurs fois de suite. Pour cela, tout un ensemble d’exercices existants ou encore à inventer est à disposition de l’ED2. Parmi les plus utilisés, on notera ceux qui permettent de : i) faire connaissance et d’engager la séance comme le World Café, la purge d’idées, le dessin du problème,… ; ii) s’imprégner du sujet comme l’analyse sémantique, les cartes mentales, la reformulation en cascade,… ; iii) créer de nouvelles idées par divergence comme le CQFD, la décomposition d’un problème en tableau, le « zoomer-dézoomer », les analogies, les bissociations, le SCAMPER,… ; iv) faire émerger des freins comme le portrait en creux, le scénario catastrophe,… ; v) développer des pistes créatives comme le scénario idéal, la pioche créative,… ; vi) sélectionner des idées comme le vote pondéré, le tamis, le classement prioritaire, l’analyse multi-critères,…

Vers une communauté de l’innovation en R&D

Le projet de l’ED2 dépasse le cadre de la recherche. Il ne se contente pas d’accompagner les doctorants pendant leur travail de thèse ou les docteurs dans la création d’activités en R&D, mais il essaye de leur donner le goût de la réflexion transdisciplinaire et de les inciter à la pratiquer tout au long de leur carrière. C’est un projet qui a l’ambition de contribuer à la formation de chercheurs responsables et intégrés dans la société. On peut évoquer la notion de responsabilité sociale et sociétale du chercheur. Il s’inscrit dans la construction d’une véritable communauté de l’innovation à l’Université Catholique de Lille pour l’ensemble du campus.

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